Augmenter la main-d’œuvre du secteur forestier

Bien qu’il semble que la pandémie de COVID-19 ait amplifié la crise du travail pour l’industrie forestière, tant ici au Nouveau-Brunswick qu’à l’échelle du Canada, les pénuries de main-d’œuvre imminentes se préparent depuis un certain temps déjà au Canada atlantique. Les Perspectives du marché du travail du Nouveau-Brunswick 2018-2027, publiées par Éducation postsecondaire, Formation et Travail (ÉPFT), reconnaissent la diminution continue de la taille de la population active dans la province en raison de la diminution de la population typique en âge de travailler et du nombre croissant de retraités. Selon leurs projections, d’ici 2027, il ne devrait y avoir que 2,3 résidents en âge de travailler pour chaque résident âgé de 65 ans et plus, contre 3,1 en 2018 et 4,5 en 2009.

La province n’a connu qu’un taux de croissance démographique modéré de 0,3 % par année entre 2009 et 2019. Le gouvernement actuel vise 10 000 immigrants par année d’ici 2027 dans le cadre de la Stratégie de croissance démographique, mais bien que la migration internationale puisse être suffisamment élevée pour augmenter la population globale, le déclin continu des résidents en âge de travailler et des enfants dans la province continuera d’avoir une incidence sur la main-d’œuvre.

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Il n’est donc pas surprenant que le nombre de postes vacants augmente dans plusieurs industries de la province. Dans le secteur forestier, nous connaissons des pénuries de main-d’œuvre et de compétences et, à mesure que cette tendance se poursuit, elle aura un impact sur la durabilité, la productivité et la compétitivité du secteur à court et à long terme.  

Nous avons besoin de solutions efficaces et ciblées. L’industrie forestière emploie un large éventail de professionnels de la science, de l’ingénierie et des affaires, mais la plus grande partie de la main-d’œuvre est des métiers spécialisés et des ouvriers. Il est essentiel de recentrer les efforts et le financement sur le recrutement et la formation, les métiers spécialisés, les possibilités d’apprentissage et d’avancement, et les entrepreneurs pour répondre aux besoins en main-d’œuvre.

Le recrutement de nouveaux arrivants peut certainement aider à répondre à ce besoin, mais les stratégies d’immigration ne sont efficaces que lorsque des facteurs tels que l’emplacement, les soins de santé, les écoles et le logement sont pris en compte. Les collectivités qui favorisent des programmes d’établissement accueillants, avec des services de soutien enveloppants, réussissent souvent mieux à retenir les nouveaux arrivants dans leurs collectivités. L’industrie a également un rôle à jouer en veillant à ce que les nouveaux arrivants soient bien adaptés aux types de possibilités d’emploi disponibles et qu’ils soient bien accueillis et soutenus dans ces collectivités.

Tout aussi important est l’effort mis sur les jeunes dans nos écoles. L’intégration d’un programme d’études qui montre aux élèves la valeur de la gestion durable des forêts pour notre environnement et notre économie peut éclairer les étudiants sur les nombreuses possibilités d’emplois stables et des différents styles de vies souhaités, que le secteur peut offrir au Nouveau-Brunswick. Le rétablissement de programmes dans les écoles du Nouveau-Brunswick axés sur les métiers et la promotion de possibilités d’apprentissage par l’expérience et des formations en apprentissage pour les élèves du secondaire sera essentiel pour que les jeunes entrent dans le secteur forestier en tant qu’employés.

Des programmes de métiers subventionnés et accrédités seront essentiels pour attirer les jeunes et les autres personnes désireux de se réorienter dans l’industrie. L’un des avantages de ces programmes est que les métiers accrédités peuvent être en mesure de travailler dans plusieurs secteurs, ce qui garantit la mobilité de la main-d’œuvre  et des possibilités de croissance. En outre, il sera également essentiel de fournir des opportunités d’établissement et de croissance pour les entrepreneurs de la chaîne de valeur. Les entrepreneurs et les travailleurs de la récolte et du camionnage peuvent bénéficier de programmes de formation visant à accroître la productivité, les compétences et le sens des affaires, ainsi que d’un soutien nécessaire aux programmes d’apprentissage pour former les nouveaux employés.  

L’augmentation de la diversité au sein du secteur forestier est liée à une meilleure perception du public, en particulier à mesure que l’industrie s’adapte à une économie nette zéro face aux changements climatiques. Les recherches menées au cours des dernières années montrent que l’inclusion significative de diverses voix dans plusieurs industries conduit à une durabilité, une innovation et une compétitivité améliorée.  L’augmentation de la diversité par l’immigration y contribue certainement, mais il est également important d’employer plus de femmes, d’Autochtones et de personnes de genre divers ici même, au Nouveau-Brunswick.

Tous ces efforts nécessiteront l’appui des gouvernements provincial et fédéral. Il y a déjà de bons programmes en place aux deux niveaux, mais il en faut plus. Relier les employeurs et les entrepreneurs à ces programmes est un défi, en particulier à une époque où la reprise économique est si importante pour nous tous. L’élaboration, le financement et la mise en œuvre de programmes ciblés pour la main-d’œuvre forestière au Nouveau-Brunswick exigent des commentaires et une collaboration réfléchie de la part des participants de l’industrie, ainsi que des mesures et un financement de la part des gouvernements.  

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de nombreuses possibilités de travailler et de grandir dans le secteur forestier. S’appuyant sur la Stratégie de travail dans le secteur forestier de 2019, Forêt NB continuera de travailler avec les gouvernements et les partenaires de l’industrie pour relier les besoins de ses membres aux programmes et aux ressources appropriés pour accroître   la main-d’œuvre de demain. 

Kim Allen

Directrice Exécutive